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Confronté à la prolifération des gangs armés, Jovenel Moïse annonce la réactivation de la CNDDR

Confronté à la prolifération des gangs armés, Jovenel Moïse annonce la réactivation de la CNDDR


René Préval, en trois mots « poze, depoze, repoze », avec le CNDDR (Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion), la PNH et la MINUSTAH, s’est attaqué à une situation de quasi guérilla urbaine après le renversement de Jean-Bertrand Aristide en 2004. Plus d’une décennie après, face à la nuisance de la prolifération des gangs armés dépourvus d’idéologie politique mais chevillés à des politiques et des hommes d’affaires pour des raisons diverses, Jovenel Moïse annonce le retour du DDR sans donner de détails.

Depuis un certain temps, le régime du président Jovenel Moïse peine à garantir un seuil minimal de sécurité, indispensable au fonctionnement normal des individus et à l’essor des activités économiques du pays. Sur plusieurs points du territoire, particulièrement au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, les gangs armés, souvent chevillés à des parrains politiques, terrorisent, volent, défient et narguent les responsables l’Etat préposé à la sécurité publique.

Sans entrer dans les détails conceptuels, philosophiques et opérationnels, le président Jovenel Moïse a annoncé la réactivation de la Commission nationale de désarmement et de réinsertion. « J’ai passé des instructions pour que soit réactivée la Commission nationale de désarmement et de réinsertion », a indiqué le président de la République, mercredi, lors d’une adresse à la nation au troisième jour de paralysie de plusieurs grandes villes du pays par une grève générale pour exiger la tenue du procès PetroCaribe et son départ du pouvoir. Jovenel Moïse a souligné que le gouvernement doit continuer le « travail d’apaisement social dans les quartiers défavorisés pour améliorer les conditions de vie des gens, surtout de ceux qui sont dans le besoin ».

Le conseiller spécial du Chef de l'État, Guichard Doré, a indiqué lors d’un échange avec un reporter du journal que des consultations sont en cours afin de désigner les membres de ce commission dont la première version a été expérimentée par l’ex-président René Préval dont l’approche était simple : déposer les armes, entrer dans un programme de réinsertion ou résister aux forces de l’ordre et mourir.

Cette commission, dirigée par l’ex-député de Pétion-Ville Alix Fils-Aimé, avait permis de récupérer un peu plus de 300 armes dont une majorité de fusils d’assaut et la formation de plus de 400 personnes, a expliqué une source proche de l’ancienne CNDDR interrogée par le journal jeudi. Peu d’argent a été dépensé. La volonté politique du président René Préval a permis de ramener la paix dans certains quartiers de la capitale où prévalait une situation de guérilla urbaine ou, si l’on veut, de résistance armée de partisans de l’ex-président Jean Bertrand Aristide mécontents du renversement de ce dernier le 29 février 2004, a poursuivi notre source.

« J’ai entendu l’annonce du président Jovenel Moïse. Je ne saurais trop juger même si j’ai l’impression que c’est quelque chose qu’il a lâché comme ça, sans peut-être penser à tout ce que cela implique », a confié cette source qui a souligné « que le contexte politique quatorze ans après n’est pas le même, qu’il y a d’autres rapports de rapports de forces sur le terrain ». Les hommes armés aujourd’hui n’ont pas nécessairement d’idéologie. C’est une affaire d’argent, de banditisme », a poursuivi l'informateur, estimant toutefois nécessaire d’agir dans le cadre d’une politique plus large d’augmentation du niveau de revenu et d’amélioration de la qualité de la vie des populations dans les quartiers précaires. « Pendant cette dernière décennie, nous avons eu trois, quatre générations de bandits. Beaucoup sont morts. Il y a des gamins encore plus violents qui attendent pour prendre la place », a expliqué cette source.

Le directeur exécutif de « Lakou Lapè », Louis Henry Mars, qui travaille dans les quartiers défavorisés, a estimé lui aussi qu’un programme de désarmement et de réinsertion « doit faire partie d’une politique plus globale permettant la présence de l’Etat, des services publiques dans ces communautés et la mise en place de vraies alternatives économiques via la formation professionnelle, le financement pour le montage de petites et moyennes entreprises pour s’assurer que celui ou celle qui dépose les armes ne les reprenne plus jamais ».

Dans beaucoup de cas, les armes déposées sont revenues, a déploré Louis Henry Mars, qui milite pour des actions structurantes à effets durables. « Beaucoup de ces jeunes ont du talent », a insisté le responsable.

Mario Andrésol, ex-directeur général de la police nationale d’Haïti, a d’abord indiqué qu’il y avait, sous la présidence de René Préval, une vision, de la volonté politique et une forte pression exercée sur les bandits armés pour qu’ils déposent leurs armes. On peut essayer aujourd’hui mais les conjonctures ne sont pas les mêmes. Les disparités socioéconomiques se sont exacerbées. Beaucoup de bandits ont des back-up politiques. Pour intervenir avec efficacité, cela demande des discussions avec ceux qui savent, ceux qui ont acquis de l’expérience en la matière. Le chef de la police doit savoir comment entrer dans les quartiers précaires et savoir comment donner des résultats, a longuement expliqué Mario Andrésol. « J’ai fait du social, développé une proximité avec les populations de ces quartiers où j’avais interdit la conduite d’opérations de police. Ceux qui résistaient et qui refusaient de déposer leurs armes étaient pris en filature et arrêtés à l’extérieur », a-t-il poursuivi, soulignant qu’il faut au final que l’Etat investisse pour améliorer les conditions de vie dans ces quartiers. L’ex-chef de la police n’a pas écarté l’hypothèse que l’on soit tout simplement face à une annonce sans lendemain d’un président en difficulté sur le plan politique.

Réagissant à l’annonce de réactivation du CNDDR faite par le président Jovenel Moïse, la militante des droits humains Marie Yolène Gilles de la Fondation Je Klere s’est demandé pourquoi on veut rééditer une « expérience qui était un échec total ». Le problème de circulation d’armes n’a pas été résolu. Il y a de fait plus d’armes en circulation en Haïti aujourd’hui, a indiqué cette responsable de la FJKL qui a proposé à l’Etat Haïtien d’intervenir à quatre niveaux. Pour elle, il faut un contrôle plus rigoureux de nos frontières terrestres, de nos ports ; le renforcement du service d’intelligence et de police pour que les autorités soient en capacité d’identifier et sévir contre les politiques et les hommes d’affaires qui arment les gens des les quartiers précaires pour servir leurs intérêts ; renforcer la PNH pour que son action soit efficace au point de rendre les fusils et armes de poing inutilisables faute de munitions, a indiqué Marie Yolène Gilles qui a mis l’emphase sur la nécessité que cesse l’impunité. Les juges doivent sanctionner « sans compromission » les détenteurs illégaux d’armes à feu, a proposé la militante des droits de l’Homme.

Source: https://lenouvelliste.com/article/195199/confronte-a-la-proliferation-des-gangs-armes-jovenel-moise-annonce-la-reactivation-de-la-cnddr

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